Il plane un petit air de surréalisme dans les blocs opératoires français. Alors que le ministère de la Santé jure, la main sur le cœur, que la réforme de l’intérim « ne compromet ni la qualité ni la continuité des soins », la réalité — elle — se montre beaucoup moins docile. Après la réponse jugée ridicule du ministre, les organisations professionnelles ont réagi avec une fermeté glaciale. l plane un petit air de surréalisme dans les blocs opératoires français. Alors que le ministère de la Santé jure, la main sur le cœur, que la réforme de l’intérim « ne compromet ni la qualité ni la continuité des soins », Ia réalité — elle — se montre beaucoup moins docile. Après la réponse jugée ridicule du ministère, les organisations professionnelles ont réagi avec une fermeté glaciale.

Il plane un petit air de surréalisme dans les blocs opératoires français.
Alors que le ministère de la Santé jure, la main sur le cœur, que la réforme de l’intérim « ne compromet ni la qualité ni la continuité des soins », la réalité — elle — se montre beaucoup moins docile. Après la réponse jugée ridicule du ministre, les organisations professionnelles ont réagi avec une fermeté glaciale.
Selon les documents présentés par les ETT réunies au sein de Prismaemploi et par la CFTC, les hôpitaux fonctionnent désormais en mode dégradé, faute d’IBODE disponibles. Les intérimaires désertent : la marge des ETT s’est effondrée de 60 %, et les plafonds imposés transforment certaines missions en exercices de philosophie morale plutôt qu’en véritables postes attractifs.
Dans le monde réel — celui où l’on opère des êtres humains, pas des cellules Excel — les équipes fixes compensent tant bien que mal.
Et nos confrères le disent : les glissements de tâches explosent.
Certaines interventions se déroulent sans instrumentiste ; parfois même, des aides-soignants sont placés dans des rôles qui excèdent largement leur champ légal. On commence par de “petites aides” : l’habillage stérile, le positionnement du garrot — deux actes exclusivement infirmiers. D’abord vient l’aide-soignant… et bientôt l’ASH. La pente est glissante et la chute, dangereuse.
» Les infirmiers doivent défendre les collègues aides soignants et les protéger de cette abus hiérarchique des encadrants ! » c’est la position officel de la SFIAC.
Pendant ce temps, les chirurgiens tirent la sonnette d’alarme : ils opèrent « comme ils peuvent », avec des équipes épuisées, des remplacements aléatoires et une explosion des déprogrammations. Même le Conseil d’État pointe des incohérences majeures : absence de preuve de continuité des soins, égalité de traitement douteuse et une « méconnaissance flagrante » du fonctionnement réel du travail intérimaire — un terme inhabituellement cinglant dans ce type de décision.
Mais au ministère, rassurez-vous : tout va bien. ! ! !
Pas de problème, seulement des « ajustements ». Les méga-techniciens, visiblement très inspirés, auraient tout prévu. Même les glissements de tâches ? Est-ce cela, la nouvelle offre de soins française ?
Comme si l’on pouvait piloter la chirurgie cardiaque avec des euphémismes.
Conclusion ?
Une réforme annoncée comme un outil de sécurisation, qui finit par fragiliser les blocs, épuiser les professionnels et pousser les hôpitaux à bricoler ce qui ne devrait jamais l’être : la sécurité opératoire
« Sécurité opératoire : on ne bricole pas avec les patients !! »
R.S.



